Lyon-Chambéry ou L’homme à la résidence

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C’était un soir de semaine, les travaux empêchant la circulation des trains, le trajet était pris en charge par un car. 

Il s’agit en fait d’un histoire classique.

Un changement de situation non prévu et il se forme entre les personnes embarquées dans la même galère une espèce de solidarité. Des regards se croisent, des sourires embêtés s’échangent et parfois même quelques phrases aussi. On ose même s’asseoir à coté d’inconnu(e).

Et ainsi qu’un homme d’environ 35 ans, jeans-chemise-chaussures de ville, me demanda s’il pouvait s’installer et que lorsqu’il descendit du bus, je pouvais me faire une idée assez claire du genre de vie qu’il menait.

Cela semble toujours plus facile de raconter un p’tit bout de sa vie à des personnes que l’on ne connait pas, et qu’a priori nous ne recroiserons pas. J’ai donc appris, sans rien demandé et sans parler de moi, que cet homme était « alpiniste urbain » à Paris depuis ses 17 ans, même si maintenant qu’il est chef de chantier, il grimpait moins. Il n’a jamais eu d’accident mis à part dernièrement où il a réussi à se faire un tendon de la cheville seulement en marchant à terre dans un chantier. Avec sa femme et ses deux enfants, ils habitent depuis 2 ans en Isère, ils sont propriétaires dans une résidence et ils en sont très contents. Mais attention ce n’est pas n’importe quelle résidence! A la façon dont il me l’a raconté, je perçois cet endroit comme un site communautaire, un peu comme on pourrait voir au Etats-Unis. Les habitants de cette résidence ont tous entre 30 et 35 ans, avec ou sans enfant, mais en couple et ils sont tous amis. Ils ont une piscine, un terrain de tennis et un système de sécurité super développé, caméras, grillage, codes… Il ne faudrait pas qu’un inconnu vienne se perdre sur le territoire. Et top top du top, ce monsieur a pour projet de casser une dalle qui donne dans un garage, pour tout d’abord refaire le sol en verre, et faire de cette pièce un véritable home cinéma et salle de jeu avec billard et compagnie! Un homme très sympathique, mais qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour impressionner ses voisins!

Alors est-ce un super pouvoir qui permet de rencontrer des individus incroyables et de presque tout connaitre de leur vie sans poser de questions, ou, est-ce un ensemble de facteurs circonstanciels? ça m’est égal, j’adore!

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Guillotière ou La famille du Saigon Gourmet

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C’était le soir du nouvel an asiatique, avec comme une envie de se remplir le ventre avec la nourriture appropriée !

Allé hop, direction le quartier de la Guillotière. On s’engage la où nos pieds nous portent pour se retrouver devant le Saigon Gourmet. Eh oui, même si on sait que les buffets à volonté sont de moins grande qualité, quand notre bouche salive rien qu’en passant devant les devantures d’épiceries ou de restaurants sans même lire les menus, que notre ventre annonce fièrement par quelques gazouillements qu’il est prêt, alors oui, le buffet semble parfait! 

Nous en profitons donc gaiement : un petit nem, deux petits nems, trois petits nems… PLEIN de petits nems!

Nous mangeons doucement, technique subtile pour pouvoir manger beaucoup plus, et le resto se vide petit à petit. Arrivés au dessert, un homme d’origine asiatique s’approche de notre table, nous demande si tous se passe bien et nous invite à sa table :

« Oui vous savez c’est le nouvel an aujourd’hui alors on fête un peu ça. On est de la famille du patron, on est juste la, alors venez boire ou manger quelque chose avec nous!« 

« Euuuuuuh… mais si vous êtes en famille on ne va pas s’incruster! »

« Mais si, mais si, ça me fait plaisir. Je vous offre à boire, c’est pour moi. » Et le voila qui interpelle le patron qui nous sert deux shooters de Sake dans ces petits verres où quand il est rempli tu vois un homme tout nu au fond. (Classe ou pas? Je suis encore perplexe!) 

Concertation du regard. « OK, on finit nos desserts et on vient trinquer avec vous.« 

Et c’est comme ça qu’on se retrouve assis à table familiale de Vietnamiens (j’ai reconnu la langue quand ils parlaient entre eux puis demandé confirmation) fêtant le Têt et donc déjà bien entamés par l’alcool ! 

Nous avons eu au moins trois fois les explications des signes mais c’était génial : « Ecoute bien, et je ne suis pas saoul hein, alors le tigre c’est plutôt … tu vois. Et le singe lui…c’est plus… » Ahah! Mais bien sûr tout ça était alimenté de gestes. 

Nous avions donc autour de la table pour fêter l’année du Dragon, des Tigres, Singes, Chiens et Chèvres! « Bon le tigre ça fait peur mais ça dépend un tigre qui se lève et qui a faim ou un tigre qui va se coucher? Et tu vois moi je suis un singe sauvage et toi tu es un tigre sauvage aussi… »  Il ne perdait pas le nord non plus!

Et le moment où ils ont été tous fans c’est quand j’ai trinqué en vietnamien : « Mot, Hai, Ba …Giooooo! » (qui se prononce Yo!). Ah, et également parce que je savais qu’il fallait  faire la différence entre la prononciation du Sud ou du Nord du Vietnam. La classe! Mais c’est aussi comme ça qu’on se fait resservir aussitôt son verre fini…!

Ce fut donc une super soirées avec des personnes incroyables! Pour les Tigres, l’année du Dragon est donc de bonne augure!

Cảm ơn, je reviendrai!

 

Ninkasi ou Le gérant de bonne humeur

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C’était un soir et mon ventre commençait à crier famine (« Faaaaamiiiiinnne! »).

Je pousse la porte et j’entends un  » Bonjour, ça va? » « Euuuuh…on se connait? » Ah nan, c’était juste le gérant qui passait par la et qui tenait à nous accueillir chaleureusement. Cela n’avait vraiment rien de déplaisant, au contraire, seulement je crois que je ne suis plus habituée. On se crée sa petite bulle avec des petits codes de distance entre les différentes personnes que l’on range gentiment dans des petites catégories : un « salut, ça va? » provenant d’une vendeuse ou d’un serveur peut nous sembler, en France, trop intrusif. Alors que, pendant mon séjour en Asie, cela ne me troublait absolument pas. Pourquoi se mettre de telles barrières?

Je remercie ce Monsieur qui m’a bien fait réfléchir à ses frontières qu’on laisse doucement s’installer, sans bien s’en rendre compte, et puis, ça finit par être quelque chose qu’on ressent plus qu’on ne réfléchit… Mais ce n’est pas normal! Réveillons nous, parce que si on continue à se laisser aller il n’y aura plus de tolérance et on finira par tous se regarder de travers! 

La soirée continue et la bonne humeur du gérant ponctue régulièrement notre repas, quelle incroyable personnage! Nous avons, au milieu de diverses blagues, échangé nos points de vue sur la météo, sur la politique … Normal!  Avec quelqu’un qu’on ne connait pas c’est plutôt intéressant! 

Et il a même réussi à me faire douter sur ma commande de dessert! Un chocolat viennois, c’est bien ce que je disais, et non liégeois! Non mais oh!

Et s’il y avait encore un doute : 

Le chocolat liégeois :  de la glace au chocolat surmontée de crème chantilly.

Le chocolat viennois : un chocolat chaud avec une jolie couche de chantilly ou de crème fouettée.

Il était une fois…sur la route

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Maintenant que je circule un peu plus en voiture, et notamment sur le périphérique, j’ai remarqué qu’une hiérarchie existait sur la route, une différence de classes. Hiérarchie qui s’associe assez bien aux différences de classes sociales, encore que, en ce qui concerne les voitures, avoir une grosse voiture ne signifie pas forcément que la personne roule sur l’or mais peut être vu comme une marque de distinction. Enfin, en bref, il ne faut pas tout mettre dans des jolies petites case non plus.

Mais, pour en revenir aux voitures, peu importe le conducteur, il existe une sorte de code de droits,  non admis verbalement. Pour faire rapide : les belles et grosses voitures ont tous les droits et les petites voitures non récentes n’ont qu’à bien se tenir!

N’avez vous jamais remarqué que s’il s’agit d’une petite twingo, 106 ou autre opel corsa, même si les gens roulent à peu près à la même vitesse, ils vont se sentir obligé de la doubler alors que si c’était une BMW ils seraient sagement rester derrière? Si c’est une petite voiture qui double, on peut se permettre de la coller pour la pousser à se rabattre rapidement, chose qui n’aurait pas été faite derrière une voiture brillante gris acier. Et aux intersections, laisser passer une voiture vieille de plus de 10 ans, naaaaan, par contre si on est au volant de la dernière sortie d’un constructeur allemand on n’hésite pas à s’engager quitte à faire piler tout le monde. Je ne parle même pas du 4×4 en ville qui doit insuffler un sentiment de puissance démesuré … un 4×4, en ville, ridiculement incroyable!

Rue de la République-Villeurbanne ou L’homme mécontent à la voiture

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C’était un soir de semaine.

J’étais penchée sur mon vélo, afin de le fixer avec mon anti-vol sur une petite barrière, quand une voiture s’arrête juste à mon niveau, la fenêtre du conducteur pile en face de moi. Je relève la tête et pense que la personne a besoin d’un renseignement. En fait il s’arrêtait pour pouvoir rentrer dans un garage, et, au passage, a gratifié ses yeux d’un aller-retour dans mon décolleté, tranquille! M’en rendant compte je me redresse, il sort de la voiture, une audi noire, qu’il laisse tourner, pour aller sonner à la porte juste à coté. Il me lance : « Vous ne partez pas avec la voiture einh! « 

Ce à quoi je répond: « Mais vous ne perdriez rien au change, je vous laisserai mon superbe vélo!  » (oui car il faut savoir que mon vélo est top classe, il a un panier!)

 » Vous avez le permis? Oui? Eh bien je vous conseille de rester tout de même à vélo avec toute la répression  qu’il y a sur les routes ! « 

« La répression? Carrément?! « 

« Ah oui! La répression!! il n’y a pas d’autres mots, dit-il d’un air très remonté. »

Un homme excessif? Même pas sûr…

Plage de Nha Trang (Vietnam) ou Le grand-père qui parlait français

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C’était une belle journée de vacances, nous venions de tester la conduite de scooter sur les routes « déroutantes » du centre du Vietnam et nous prenions une pause sur la plage.

C’est à ce moment la qu’un grand-père vietnamien nous interpelle, en français , bien sûr (!) :

« Bonjour, vous êtes français? D’où venez-vous?« 

Pendant quelques secondes nous sommes restés tous étonnés de l’entendre nous parler en français avec si peu d’accent. Encore moins d’accent que les guides francophones que nous avions croisés auparavant.

Ce qu’il y avait d’incroyable c’est la façon dont il a appris la langue française. Il n’a pas appris à l’école pendant l’occupation des français comme l’ont fait certaines personnes de sa génération. Cela fait 10 ans qu’il est à la retraite, et cela fait 10 ans qu’il regarde une demie heure de télé française par jour et qu’il parle aux touristes sur la plage! C’est fou non?

Et le plus incroyable c’est encore qu’il connait mieux la géographie française que nous!

« Tu viens d’Auvergne? De Clermont-Ferrand? ça c’est le Puy-de-Dôme c’est 63!« 

« La Drôme? C’est le 26, et la préfecture c’est Valence.« 

« Plus dur la Saône-et-Loire? Euuuh… 71 et c’est Macôn!« 

Juste trop fort ce grand-père, un chouette souvenir!

Zone commerciale Beynost (VI) ou L’homme aux proverbes

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C’était une journée avec peu d’enthousiasme ou un Monsieur m’a redonné un peu d’élan et de courage.

Ayant trouvé que j’avais été « bien aimable » avec lui, il m’a remercié chaleureusement et a souhaité le faire aussi en me citant deux proverbes qu’il appréciait:

Le premier évoque l’échange de service, sans les autres nous ne pouvons avancer:

« Une main vous lave l’autre. Et les deux mains vous lavent le visage. »

Le deuxième est un de ses principes pour essayer de vivre heureux, si tout le monde l’appliquait:

« Celui qui donne ne doit jamais se souvenir.

Celui qui reçoit ne doit jamais l’oublier. »

A vos réflexions!