Arrêt T2 Bachut ou L’homme aux gros yeux

novembre 12, 2008 at 11:17 (Incroyabilitude)

C’était une nuit, assise sur un siège en bois, je lisais en attendant le dernier tram.

Un grand homme noir d’une trentaine d’années, vêtu d’un costume noir sous un caban noir, avec une petite mallette s’assoie à coté de moi. Quelques minutes s’écoulent puis il me dit : “Il ne fait pas un peu sombre pour lire ?” Ce à quoi je répond : “Non ça va merci, les lampadaires éclairent suffisamment. Et puis je n’aime pas rester à rien faire.” “Oui mais tu vas t’abimer les yeux. Je suis la maintenant on peut discuter.“. Voyant qu’aucune réponse ne suffira à le convaincre de me laisser finir ma palpitante aventure littéraire, je ferme mon livre. Le personnage commence alors banalement par me questionner sur mon âge, mon prénom, ce que je fais dans la vie… Lui s’appelle Stanislas et sort d’une conférence.

La conversation qui s’ensuit n’est alors plus du tout banale. Il m’explique que les gens devraient être beaucoup plus ouverts, qu’ils ne devraient pas rester dans leur bulle, qu’il ne faudrait pas se freiner et que si l’on a envie ou besoin de se rapprocher, de se toucher il ne faut pas se poser trop de questions… Alors oui, à ce moment la, je me suis demandé par deux fois si je comprenais bien ce qu’il voulait dire. Et j’ai eu confirmation : “Oui parce que tu comprends on a des besoins, et puis je pense que s’il y a un échange, si on fait l’amour après on peut tomber amoureux…” “Euuuuh…

Espérant le refroidir, je lui ai exposé mon point de vue sur l’amour, grossièrement, comme quoi il ne s’agissait finalement que d’une construction sociale et qu’il ne faut donc pas se fier à certaines illusions. L’homogamie est bien présente, et, si on se sent bien ou que l’on apprécie fortement une personne nous ne sommes pas réellement libres dans nos choix, c’est déjà plus ou moins orienté. Le coup de foudre n’existe pas comme il le semble le croire. Mais cela n’a eu pour effet que de le faire insister, et de me demander mon numéro de téléphone. Refusant de lui donner, Stanislas préfère alors me laisser le sien. Et au moment de me remettre le petit bout de papier froissé, il me regarde droit dans les yeux et me dit “Tu m’écriras hein, tu m’écriras!” Son regard m’a paru être un mélange de gros yeux méchants que font les parents pour nous menacer et un regard dément. J’avoue que, même si je rigolais bien avant, à cet instant je me suis sentie faiblir quelque peu.

Ouf le tram arrive!

5 commentaires

  1. Mallorium a dit,

    La vie de Céline, ou “Moi la fille qui a un quota de rencontres de psychopathes 185 fois plus élevé que la normale”.

  2. Sanh a dit,

    Completement! Faut que t’arretes de discuter avec les inconnus!

  3. Cipy a dit,

    Mais…?! Mais c’est pas moi qui leur parle, c’est eux qui viennent me parler!

  4. Eau a dit,

    “Petites histoires incroyables”! La drague est si incroyable que ça!?

    Et puis le dernier tram est à quelle heure? 23h? minuit? Est-ce bien raisonnable?

  5. Cipy a dit,

    je crois que ce que je trouve incroyable ici sont surtout les propos qu’il m’a tenus.
    Après peut-être, c’est vrai, ils ne sont pas ici assez développés.

Laisser un commentaire